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« Résilience » : capacité à surmonter les chocs traumatiques… S’il s’agit pour moi d’un terme très flou lorsqu’on l’applique à l’humain, et de ce fait mis à beaucoup de sauces, il me parle de façon très précise s’il s’agit du végétal. Les plantes ont mis au point des stratégies de survie globalement efficaces – la preuve en est qu’elles sont là – et tout à fait particulières. Par exemple, si l’on coupe une branche d’un arbre, voire son tronc, il survit : tant qu’un bourgeon parvient à se développer, l’individu se régénère et continue sa croissance. Si un incendie survient, certains végétaux pourront repartir de leur base, car ils sont adaptés à ces conditions drastiques. Là s’arrête la comparaison avec l’être humain, et ce serait faire preuve d’un anthropomorphisme déplacé que de vouloir imiter les plantes.

Nous voulons changer, paraît-il. En fait, je n’en crois pas un mot. Ou plutôt… si, bien sûr, car tout ne peut faire autrement que de changer. À chaque instant, nous sommes différents de ce que nous étions l’instant d’avant. À chaque instant, le monde est différent. Il ne s’agit pas de le vouloir : il en est ainsi ! Pourtant l’humain ne peut changer sa nature, car c’est son striatum, le circuit de récompense tellement puissant logé au tréfonds de son cerveau, qui le gouverne. De ce fait, changer reste souvent un vœu pieux, comme le prouvent les bonnes résolutions que nous prenons, mais ne tenons jamais – ou, ce qui revient au même, les promesses des politiciens ! Donc nous voulons changer sans jamais le pouvoir, alors que nous changeons pourtant. 

Et nous voulons changer pour le mieux, bien sûr. Ce qui implique de croire que le bien existe et s’oppose au mal. Ainsi y aurait-il l’ancien monde des méchants capitalistes et le nouveau monde des gentils écologistes, ou quelque chose comme ça. Je caricature, certes, mais cela me semble un peu simpliste et limité. Je ne crois pas aux bonnes intentions, car l’enfer en est pavé. Et pourtant, je sais ce qui me paraît juste et ce vers quoi je souhaite aller, ce qui me plombe et que je désire éviter.

La seule façon de résoudre ces apparentes contradictions est de voir le monde à travers la pensée paradoxale qui permet de comprendre que les opposés coexistent. Et il importe d’en accepter l’existence sans les juger. C’est ce qui permet d’arrêter le temps et de vivre le moment présent – le seul moyen de comprendre le monde sans se laisser emporter, le seul moyen d’être vraiment résilient lorsque les forces de la vie nous déstabilisent.

Cette prise de conscience, ce sont les plantes qui me l’ont proposée. Alors que l’homme vit dans l’antagonisme, coincé entre les extrêmes qui le déchirent, les végétaux vivent dans l’interstice de l’éternel présent. Tout simplement, elles sont. La petite stellaire, « mauvaise herbe » de nos jardins, ouvre la voie au grand chêne qui, avec ses congénères, reconstituera la forêt qui couvrait nos régions avant que l’homme ne l’élimine pour y implanter ses cultures. Dans la dynamique de la succession végétale, elle trouvera toujours sa place, à moins qu’elle ne finisse par disparaître, ce qui n’aura pas d’importance. Elle est une invite à la sérénité, une promesse de bonheur peut-être…

Commentaires (2)

    • Cricri49

    • Il y a 6 mois

    Vos livres m’intéressent mais je suis surprise de constater qu’ils sont 30 à 40% plus chers que d’autres livres de la même catégorie. Pourquoi ?
    Cricri49

      • François Couplan

      • Il y a 5 mois

      Merci de votre remarque.
      Mais de quels livres parlez-vous ?
      Pourriez-vous me donner des exemples ?
      Et j’ai également des lots soldés : vous les avez vus ?

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