François Couplan - Ma démarche

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Plantes sauvages comestibles et médicinales…

François Couplan

Ma démarche

Ce qui m’intéresse, c’est que le plus de personnes possible
aillent ramasser elles-mêmes les plantes sur le terrain.
L’important est d’aller vraiment à la rencontre des végétaux,
là où ils poussent. À la rencontre du vivant, du sauvage, de
la nature, de sa nature. Manger les plantes fait partie de ce
processus de relation. C’est accepter en soi un peu de la vie
de la plante. En quelque sorte, c’est devenir un peu plante
soi-même. Et permettre en même temps à la plante de devenir
un peu humaine. Il s’agit de favoriser ces retrouvailles
entre l’homme et la nature, entre la conscience et la non-conscience,
de susciter l’émergence de la conscience de la nature.

François Couplan


Depuis plus de vingt ans, il m'a semblé très important de pouvoir offrir à d’autres l’occasion de partager les quelques « connaissances » que ma relation avec les plantes m'a permis de réunir. Il m'a fallu tout ce temps pour m'en sentir capable, car je désire transmettre ces fragments de vie de la meilleure façon possible : la manière compte autant que le contenu. Et il m'a fallu grandir...

Les plantes et la nature m'attirent depuis tout petit. Je me suis souvent senti plus à l'aise avec les végétaux qu'avec les humains, et je ne connais pas de meilleur refuge à l'esprit troublé que la montagne sauvage ou la forêt.

Mon esprit était troublé par le décalage que je ressentais profondément entre les paroles de mon entourage, les principes que l'on tentait de m'inculquer, et ce que je voyais se manifester autour de moi. En bref, la civilisation dans laquelle je vivais me paraissait atteinte d'un mal très grave. Et presque tout ce que j'ai pu constater depuis n'a malheureusement fait qu'accentuer cette constatation.

Mais pas question de baisser les bras. Il fallait agir. Après de longues périodes dans les bois, j'ai décidé d'organiser des stages de découvertes des plantes ainsi que des survies en pleine nature. Le but profond n'était certes pas d'apprendre à préparer de la soupe d'ortie ou à faire du feu sans allumettes. Mais une approche en douceur, stimulant le plaisir gustatif et la curiosité me semblait appropriée. Le temps n'était pas encore venu pour moi d'exprimer précisément l'essentiel.

Les plantes ont poursuivi leur croissance, les arbres ont acquis de la vigueur, la forêt s'est densifiée - tandis qu'ailleurs herbicides et tronçonneuses, OGM et folie humaine ont dramatiquement accentué leurs ravages. Aujourd'hui, le temps presse. Hâtons-nous doucement...

Il me semble que le pouvoir des plantes ne s'arrête pas à leurs vertus nutritives ou curatives. Elles me paraissent avoir beaucoup à nous apprendre sur ce qui nous entoure et sur qui nous sommes. Et au bout du compte, nous apporter des éléments pour répondre à l'essentielle question : « Que sommes-nous venus faire en ce monde ? »

Il n'y a pas, au fond, d'autre chose plus importante dans la vie que de tenter de répondre à cette question le plus honnêtement possible – si tant est, bien sûr, que l’on souhaite le faire. Tout le reste ne me semble que fioriture. Et nous autres Occidentaux sommes passés maîtres dans l'art de louvoyer en privilégiant le superflu, le léger, l'insipide... Notre monde actuel basé sur la consommation à outrance et l’« information » pléthorique en est l'exemple parfait.

Donc allons-y maintenant !